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Au-delà des mers grises et du tumulte des âges, là où les vents se font doux et où le ciel ne connaît ni nuit profonde ni crépuscule incertain, s’étendent les Terres du Valinor, royaume béni des Puissances, sanctuaire immuable que le temps lui-même n’ose entamer. Là s’élève Valmar, la cité de lumière aux portes d’or et aux jardins étincelants, où les Valar tiennent conseil sous les voûtes chantantes du monde.

Non loin, sur la colline sacrée d’Ezellohar, s’épanouissaient les Deux Arbres, Telperion l’Argenté et Laurelin l’Or, dispensant une lumière alternée qui baignait le pays d’une clarté pure, avant que l’Ombre ne vienne les blesser. Dominant les nuées et les mers, le mont Taniquetil s’élance vers l’azur, demeure de Manwë et de Varda, le plus haut sommet d’Arda, où le vent parle avec la voix du commencement. Plus au nord, l’on trouve Tirion, la Cité Blanche des Noldor, perchée sur la colline de Túna, là où les clochers d’argent sonnaient autrefois les chants de sagesse et de savoir ; plus à l’ouest encore, les cygnes glissent silencieusement dans le port d’Alqualondë, ville des Teleri, ciselée comme un rêve de nacre sur les rives tranquilles. En ces terres, la douleur n’a point de prise, les saisons ne flétrissent pas, et l’ombre recule devant le souvenir vivant de la Musique originelle.

C’est un monde tissé d’harmonie, de paix solennelle et de beauté impénétrable, que peu peuvent espérer voir et dont les récits, portés par les vents de l’Est, atteignent les rivages de la Terre du Milieu comme des fragments d’un paradis perdu, murmures d’un monde que les mortels n’effleureront qu’en songe.

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